6e colege Jean Renoir Bourges

Tous ensemble...
...pour notre planète

Par Sandy Goll

 

Dossier réalisé à partir de la Revue La Luciole du Centre
Hors Série 2008

 

 

 

Partager…
Respecter…
S’entraider…
Donner…
Travailler ensemble…
Coopérer…

 

 

 

 
 

Tous ensemble…

Quand on demande aux stagiaires en début de formation ce qu’est pour eux l’animateur idéal ou encore quand on établit des règles de vie au début d’un séjour de vacances, à chaque fois, vous êtes certains de retrouver les notions de respect, de solidarité… La solidarité est également une des valeurs clés du développement durable. Elle doit s’exercer envers les populations les plus pauvres, mais aussi envers les générations futures.

C’est donc tout naturellement que la solidarité est LA valeur fondamentale de l’éducation à l’environnement et plus globalement, de l’éducation populaire.

Nous sommes donc unanimes sur le sujet. Mais quand il s’agit de la mettre en pratique, force est de constater que cela devient bien plus difficile.

L’Homme est devenu étranger à sa nature - pourtant originelle. Nous ne sommes plus dans l’environnement mais à côté (au-dessus ?!). La technologie nous domine et favorise, entre autres, l’individualisme. Les attaques à l’environnement. Les conflits. Le manque de solidarité. La solidarité entre les individus est pourtant la condition nécessaire à une société plus juste et plus harmonieuse. Il ne suffit pas que des individus vivent libres et égaux pour se rapprocher de cet idéal, encore faut-il qu’ils se montrent solidaires entre eux.

Malgré un retour de l’engagement associatif (15 millions de bénévoles oeuvrant dans plus d’1 million d’associations en France1) et une prise de conscience collective sur l’état de la planète, on assiste à une crise. Crise sociale : logement, chômage, pouvoir d’achat de plus en plus bas… qui prend malheureusement le dessus sur la crise environnementale. Compréhensible, certes. Les deux sont pourtant bien liées.

L’enjeu principal de l’éducation à l’environnement n’est-il pas, justement, de réinsérer les hommes dans ce vaste écosystème qu’est la Terre ? Comment pouvons-nous transmettre cette valeur fondamentale à travers nos actions ?

… pour notre planète

La dégradation de l’environnement et l’épuisement des ressources menacent la qualité de vie et la survie de notre espèce. Nous avons oublié que l’environnement était notre seul et unique habitat, notre capital en air, en eau, en énergie… “(…) Il n’y pas de planète de rechange !” (Albert Jacquard).

C’est pourquoi nous devons développer un sens du partage équitable des ressources naturelles planétaires. Il s’agit de défendre notre patrimoine commun qu’il convient de bien gérer pour aujourd’hui et pour demain.

Un monde injuste…

  • En 40 ans, les richesses mondiales ont été multipliées par 8. Alors que…
  • 1 être humain sur 2 vit aujourd’hui avec moins de 2 $ par jour.

Pourtant selon le PNUD (programme des nations unies pour le développement), 9 % des dépenses militaires mondiales annuelles, 8 % des dépenses publicitaires ou encore 50 % de la fortune des 4 personnes les plus riches du monde suffiraient pour garantir l’éducation, la santé, l’eau potable, l’alimentation… à tous.

Je me souviens de cette animation menée dans le cadre de ma formation BEATEP, j’y étais alors stagiaire. Nous devions mettre en place une table ronde. Avec une collègue, j’avais proposé justement la solidarité. Un intervenant avait fait le déplacement et nous avait parlé de ses expériences au sein d’une ONG. Le débat avait été suivi par une animation intitulée le “jeu des chaises2”. L’objectif de ce jeu était de faire prendre conscience des inégalités dans le monde et des disparités Nord/Sud.

Cela commence par : “Nous voici dans le monde, vous en êtes les habitants… Chacun d’entre vous représente x millions d’habitants - ici nous étions 16, et représentions chacun 383 millions d’habitants. En prenant en compte cette donnée, à vous de vous répartir dans les différents continents (le nom de chaque continent est affiché) - il y a l’Afrique, l’Asie, les pays occidentaux… - afin de symboliser la répartition de la population
mondiale”. Petit point démographique et rééquilibrage si besoin.

On travaille ensuite sur l’utilisation des ressources naturelles, symbolisées ici par les marrons. Ceux-ci représentent l’ensemble des ressources naturelles utilisées par la planète. Les sous-groupes continentaux font leur estimation en mettant autant de marrons devant eux qu’ils croient correspondre. L’animateur donne ensuite les chiffres réels et approuve ou corrige la symbolisation.

“…Pour finir, nous allons nous pencher sur la richesse mondiale symbolisée par les 16 chaises. L’animateur indique que chaque chaise représente x millions de dollars (1 chaise = 2 819 milliards de dollars pour 16 joueurs).” Le groupe répartit les chaises sous les affichettes. L’animateur donne ensuite les chiffres réels et corrige la symbolisation.

Pour terminer l’exercice, les habitants doivent occuper toutes les chaises. Aucune chaise ne doit rester inutilisée et aucun habitant ne peut rester au sol. Comme à “chat perché”, il faut grimper sur les chaises vides. Rires assurés de voir les pays industrialisés étalés sur leurs chaises vides face aux asiatiques qui s’accrochent en grappes sur de trop rares sièges…

Comment transmettre cette valeur dans nos actions d’éducation ?

Apprendre à vivre ensemble implique nécessairement une pratique qui favorise, outre l’acquisition de connaissances simples, l’adoption de comportements respectueux des autres et la prise de conscience des valeurs civiques. C’est l’occasion de réfléchir aux nécessaires solidarités qui s’imposent aux enfants comme aux adultes.

Programmes de l’École Élémentaire, 2002.

1/ Et si nous commencions par la mettre en pratique au quotidien ?

  • Dans nos structures, en sachant travailler en équipe et en privilégiant le partenariat – point fondamental de la pédagogie de projet. Pas uniquement un partenariat technique ou financier. Un vrai partenariat. N’hésitez pas à solliciter enseignants, parents, associations, autres structures… quand vous vous lancez dans le montage d’un projet. Ceci favorise le “travailler ensemble” et permet d’échanger des techniques et des points de vue différents.
  • Dans notre vie personnelle, en réapprenant à vivre avec l’autre, sans jugement. La solidarité est un comportement où chacun s’engage. Elle participe à développer l’esprit critique et un dialogue tolérant.

2/ Avec des méthodes pédagogiques adaptées et des objectifs comportementaux (les savoir être) comme cet exemple ludique.

Les jeux coopératifs : mettre en pratique la solidarité en jouant

“La bouteille à la mer” (ou “bouteille ivre”) peut y contribuer. Il s’agit de former un cercle en étant collés les uns aux autres (à adapter selon le nombre de participants). Une personne raide comme une bouteille est ballottée par les vagues (les autres joueurs) jusqu’à s’échouer sur la plage... Les autres participants doivent vous rattraper
doucement, et accompagner votre déambulation de mains en mains. Attention de ne pas “casser” la bouteille ! En début de stage ou de formation ce petit jeu permet de renforcer la confiance dans un groupe.

“La chaise” : Ici le but du jeu est de s’asseoir sur les genoux des autres. Tout en formant un cercle, les participants se placent épaule contre épaule. Ensuite chacun pivote d’un 1/4 de tour vers la droite et d’un petit pas vers l’intérieur du cercle. Au signal, chaque joueur tente de s’asseoir sur les genoux de la personne derrière lui. Il faut tenir le plus longtemps possible dans cette position. Au moindre mouvement, tout s’écroule ! À l’opposé des jeux compétitifs où il y a forcément des gagnants et des perdants, les jeux coopératifs sont un bon moyen de jouer autrement. Le principe repose sur la poursuite d’un objectif commun qui ne pourra être atteint que grâce à l’entraide entre les joueurs. Il ne s’agit pas de gagner sur l’adversaire mais de faire équipe et cause commune pour gagner ensemble… ou de perdre ensemble si l’équipe s’est mal organisée. Les jeux coopératifs sont de remarquables outils d’animation, d’observation, de connaissance de soi et des autres. Ils participent pleinement à l’éducation et donnent à la solidarité une dimension essentielle de la vie en société.

L’acquisition de nouvelles attitudes vis-à-vis de la nature et de l’environnement devient une urgence, du geste le plus simple à une prise de conscience responsable des équilibres à sauvegarder.

Parce qu’il faut commencer par intégrer ces valeurs dans notre quotidien. “Un autre monde est possible”, à partir des villes et des quartiers : chacun peut exercer une citoyenneté solidaire où il vit, étudie, milite… Pour faciliter des échanges solidaires au niveau mondial. En résumé, être solidaire pour les générations futures.

 

1 Étude Matisse, Centre d’Économie de la Sorbonne et CNRS, dirigée par Viviane Tchernonog, parue en octobre 2007.
2 Source : ITECO, extrait du recueil d’activités d’Éducation au développement d’Artisans du Monde