Sommes-nous cohérents quand nous parcourons une
centaine de km dans la journée (en voiture !) pour nous
rendre à une intervention ? A-t-on alors la légitimité de
parler de l’impact des transports sur l’environnement
devant notre public ?
Sommes-nous cohérents quand nous jetons nos propres
mégots de cigarettes par terre ? Et avons-nous le droit
de sensibiliser à la problématique des déchets ?
Éternel débat…
Ces exemples vous choquent ? Ils sont pourtant
monnaie courante dans l’animation et même à travers
l’éducation à l’environnement.
Le développement durable au service
de la cohérence
“(…) Mais c’est complètement injuste !”, me disait une
petite fille presque choquée de ce qu’elle venait d’apprendre
sur la répartition des richesses dans le monde.
C’était au cours d’une intervention sur l’empreinte écologique, avec une classe de CM2. Après avoir fait
un état des lieux de la planète, je leur ai proposé un
petit test adapté à leur âge qui permet de calculer leur
empreinte écologique, indice de calcul créé par le WWF
dans les années 90. L’objectif est, de manière ludique
(quiz), de prendre conscience de sa consommation et
de son impact sur la planète. L’empreinte écologique évalue la surface totale requise pour produire les ressources que nous utilisons (vêtements, nourriture…)
pour répondre à notre consommation d’énergie et
pour fournir l’espace nécessaire à nos infrastructures
(équipements, routes, transports…).
“(…) Imaginez que la Terre est un gâteau… Pour faire
des parts équitables, chaque habitant de la planète
dispose de 1,9 hectare (sans compter l’espace nécessaire
aux autres espèces) de surface productive.”
Il s’agit d’un test de 10 questions adapté à un public
plus jeune (source WWF), qui n’est pas totalement
fiable mais qui permet une prise de conscience. “Je me
lave : en prenant des bains, des bains et des douches
ou que des douches ?” ; “Je vais à l’école : en voiture,
en train, en vélo ?”. La moyenne des résultats permet
alors, par exemple, de calculer l’empreinte écologique
de la classe.
Quand on sait que si tous les habitants de la planète
consommaient comme un français, il faudrait deux
planètes supplémentaires pour pouvoir vivre tous
ensemble ! “(…) Mais… c’est impossible !” dixit le petit
Thomas.
“En effet, c’est impossible, cela veut donc dire que les
parts du gâteau ne sont pas équitables !”
En guise de conclusion, les enfants s’interrogent sur les
solutions qui permettraient une répartition plus équitable
dans le monde et une réduction de notre empreinte écologique. Cet exemple permet d’illustrer le fait de
rester cohérent au quotidien, avec des gestes simples.
Le métier d’éducateur à l’environnement est un métier
de passion, de vocation. Sinon, comment faire passer un
message ? Comment donner envie à son public d’agir ?
Cela implique aussi la reconnaissance de certaines
valeurs et demande une perpétuelle remise en question
sur ses propres comportements. Les savoir-être occupent
une place aussi importante que la technique ou les
connaissances. C’est pourquoi je m’applique au quotidien
(et pas seulement pendant mon travail) à rester
cohérente et à me remettre en question constamment.
Doit-on pour autant être un “super’écolo”
pour être éducateur à l’environnement ?
Pour moi, être cohérent signifie faire de son mieux au
quotidien, en fonction de ses moyens et de son rythme.
Le plus important n’étant pas de mentir à son public : “…mais oui, je viens à vélo tous les jours… !” ou “mais
je ne fume pas…” mais d’éduquer à s’informer et à se
remettre en question. C’est aussi cela être cohérent. |