6e colege Jean Renoir Bourges

 

Dossier réalisé à partir de la Revue La Luciole du Centre
Hors Série 2008

 

La cohérence

Par Sandy Goll

 

Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.

Gandhi résume ici le dilemme que nous (animateurs et éducateurs) rencontrons au quotidien.

 

 

 

 
 

Sommes-nous cohérents quand nous parcourons une centaine de km dans la journée (en voiture !) pour nous rendre à une intervention ? A-t-on alors la légitimité de parler de l’impact des transports sur l’environnement devant notre public ?

Sommes-nous cohérents quand nous jetons nos propres mégots de cigarettes par terre ? Et avons-nous le droit de sensibiliser à la problématique des déchets ?

Éternel débat…

Ces exemples vous choquent ? Ils sont pourtant monnaie courante dans l’animation et même à travers l’éducation à l’environnement.

Le développement durable au service de la cohérence

“(…) Mais c’est complètement injuste !”, me disait une petite fille presque choquée de ce qu’elle venait d’apprendre sur la répartition des richesses dans le monde. C’était au cours d’une intervention sur l’empreinte écologique, avec une classe de CM2. Après avoir fait un état des lieux de la planète, je leur ai proposé un petit test adapté à leur âge qui permet de calculer leur empreinte écologique, indice de calcul créé par le WWF
dans les années 90. L’objectif est, de manière ludique (quiz), de prendre conscience de sa consommation et de son impact sur la planète. L’empreinte écologique évalue la surface totale requise pour produire les ressources que nous utilisons (vêtements, nourriture…) pour répondre à notre consommation d’énergie et pour fournir l’espace nécessaire à nos infrastructures (équipements, routes, transports…).

“(…) Imaginez que la Terre est un gâteau… Pour faire des parts équitables, chaque habitant de la planète dispose de 1,9 hectare (sans compter l’espace nécessaire aux autres espèces) de surface productive.”

Il s’agit d’un test de 10 questions adapté à un public plus jeune (source WWF), qui n’est pas totalement fiable mais qui permet une prise de conscience. “Je me lave : en prenant des bains, des bains et des douches ou que des douches ?” ; “Je vais à l’école : en voiture, en train, en vélo ?”. La moyenne des résultats permet alors, par exemple, de calculer l’empreinte écologique de la classe.

Quand on sait que si tous les habitants de la planète consommaient comme un français, il faudrait deux planètes supplémentaires pour pouvoir vivre tous ensemble ! “(…) Mais… c’est impossible !” dixit le petit Thomas.

“En effet, c’est impossible, cela veut donc dire que les parts du gâteau ne sont pas équitables !”

En guise de conclusion, les enfants s’interrogent sur les solutions qui permettraient une répartition plus équitable dans le monde et une réduction de notre empreinte écologique. Cet exemple permet d’illustrer le fait de rester cohérent au quotidien, avec des gestes simples.

Le métier d’éducateur à l’environnement est un métier de passion, de vocation. Sinon, comment faire passer un message ? Comment donner envie à son public d’agir ? Cela implique aussi la reconnaissance de certaines valeurs et demande une perpétuelle remise en question sur ses propres comportements. Les savoir-être occupent une place aussi importante que la technique ou les connaissances. C’est pourquoi je m’applique au quotidien (et pas seulement pendant mon travail) à rester cohérente et à me remettre en question constamment.

Doit-on pour autant être un “super’écolo” pour être éducateur à l’environnement ?

Pour moi, être cohérent signifie faire de son mieux au quotidien, en fonction de ses moyens et de son rythme. Le plus important n’étant pas de mentir à son public : “…mais oui, je viens à vélo tous les jours… !” ou “mais je ne fume pas…” mais d’éduquer à s’informer et à se remettre en question. C’est aussi cela être cohérent.