Être autonome peut faire peur car cela peut aussi
signifier s’engager davantage pour celui qui est devenu
autonome.
Cela peut aussi inquiéter ou gêner les éducateurs qui
devraient aider les enfants, les adolescents, ceux qui
leur sont confiés, à acquérir de l’autonomie. En effet,
si celui dont j’ai la charge devient autonome… Quelle
est ma place alors ?
Pour être autonome, un individu doit acquérir des
savoirs, des compétences, des attitudes de base qui lui
permettront l’autonomie. C’est la mission de l’éducateur
d’accompagner pour ces acquisitions.
En éducation à l’environnement, il faut apporter des
connaissances de base pour déclencher une curiosité et
nourrir les futures découvertes. Sans un minimum de
savoirs, les phénomènes complexes que nous pouvons
aborder ou examiner ne seront pas compréhensibles.
Mais pour mener à bien des réflexions et acquérir de
nouvelles connaissances de manière autonome, il faut
apporter des modes de raisonnements rigoureux et
variés et des outils d’apprentissage. Du coup, l’éducateur
fournit les moyens de se passer de lui !
Ainsi, avec la classe de CE2 de l’école du Louroux et
pour l’initiation à la botanique, nous commençons par
des sorties de terrain durant lesquelles l’enseignant
permet à l’enfant de vivre la forêt : jeux, grimper aux
arbres, observations spontanées puis dirigées, échanges
de sensations… Puis nous faisons le lien avec le contenu
des programmes officiels et les objectifs spécifiques qui
nous amèneront à faire découvrir la forêt riveraine à
des classes extérieures :
- noms d’espèces (pas trop pour ne pas encombrer la
mémoire) : bien choisir les essences communes et/ou facilement repérables,
- vocabulaire spécifique pour décrire ce que nous
voyons,
- dessins et croquis d’observation,
- apprentissage de l’utilisation de guides floristiques
ou de clés de détermination.
Nous mettons en place une démarche analogue pour
l’ornithologie.
Ceci implique, pour permettre l’accessibilité aux
documentaires, la compréhension et l’appropriation
du vocabulaire et des démarches utilisées dans ces
ouvrages.
Au bout du compte, il importe que les enfants aient
envie d’en savoir plus et possèdent les bases pour faire
des recherches en autonomie. L’adulte dans ce cadre
n’a pas à se montrer encyclopédique ni exhaustif. Il
est tuteur/accompagnateur d’apprentissages. Tuteur
c’est-à-dire que, comme le tuteur d’une jeune plante,
il a réussi sa mission lorsque la plante peut continuer sa
croissance, droite et sans lui.
Il est évident que cet accompagnement vers l’autonomie
nécessite un travail sur le long terme et trouve
donc plus facilement sa place dans la vie des classes ou
dans des projets en centre de loisirs qu’à l’occasion d’interventions
ponctuelles. Et c’est là toute la difficulté à
laquelle peuvent être confrontés les animateurs qui
sont parfois sollicités pour des prestations uniques et/ou de courtes durées. |