6e colege Jean Renoir Bourges

 

Dossier réalisé à partir de la Revue La Luciole du Centre
Hors Série 2008

 

L'autonomie pour une éducation à l'environnement durablement ancrée

Par Eric Peyrous

 

Être autonome signifie être capable de réfléchir, décider, agir seul, par soi-même. L’autonomie ne se décrète pas, ni pour un enfant ni pour un adulte. L’autonomie se construit, s’apprend, s’exerce.

 

 

 

 
 

Être autonome peut faire peur car cela peut aussi signifier s’engager davantage pour celui qui est devenu autonome.

Cela peut aussi inquiéter ou gêner les éducateurs qui devraient aider les enfants, les adolescents, ceux qui leur sont confiés, à acquérir de l’autonomie. En effet, si celui dont j’ai la charge devient autonome… Quelle est ma place alors ?

Pour être autonome, un individu doit acquérir des savoirs, des compétences, des attitudes de base qui lui permettront l’autonomie. C’est la mission de l’éducateur d’accompagner pour ces acquisitions.

En éducation à l’environnement, il faut apporter des connaissances de base pour déclencher une curiosité et nourrir les futures découvertes. Sans un minimum de savoirs, les phénomènes complexes que nous pouvons aborder ou examiner ne seront pas compréhensibles. Mais pour mener à bien des réflexions et acquérir de nouvelles connaissances de manière autonome, il faut apporter des modes de raisonnements rigoureux et variés et des outils d’apprentissage. Du coup, l’éducateur fournit les moyens de se passer de lui !

Ainsi, avec la classe de CE2 de l’école du Louroux et pour l’initiation à la botanique, nous commençons par des sorties de terrain durant lesquelles l’enseignant permet à l’enfant de vivre la forêt : jeux, grimper aux arbres, observations spontanées puis dirigées, échanges de sensations… Puis nous faisons le lien avec le contenu des programmes officiels et les objectifs spécifiques qui nous amèneront à faire découvrir la forêt riveraine à des classes extérieures :

  • noms d’espèces (pas trop pour ne pas encombrer la mémoire) : bien choisir les essences communes et/ou facilement repérables,
  • vocabulaire spécifique pour décrire ce que nous voyons,
  • dessins et croquis d’observation,
  • apprentissage de l’utilisation de guides floristiques ou de clés de détermination.

Nous mettons en place une démarche analogue pour l’ornithologie.

Ceci implique, pour permettre l’accessibilité aux documentaires, la compréhension et l’appropriation du vocabulaire et des démarches utilisées dans ces ouvrages.

Au bout du compte, il importe que les enfants aient envie d’en savoir plus et possèdent les bases pour faire des recherches en autonomie. L’adulte dans ce cadre n’a pas à se montrer encyclopédique ni exhaustif. Il est tuteur/accompagnateur d’apprentissages. Tuteur c’est-à-dire que, comme le tuteur d’une jeune plante, il a réussi sa mission lorsque la plante peut continuer sa croissance, droite et sans lui.

Il est évident que cet accompagnement vers l’autonomie nécessite un travail sur le long terme et trouve donc plus facilement sa place dans la vie des classes ou dans des projets en centre de loisirs qu’à l’occasion d’interventions ponctuelles. Et c’est là toute la difficulté à laquelle peuvent être confrontés les animateurs qui sont parfois sollicités pour des prestations uniques et/ou de courtes durées.